Première ligne-Jean Marie Laclavetine

Encore une lecture pour le challenge Goncourt des Lycéens d’Enna.
Cyril Courdouan est éditeur chez Fulmen. Il n’a qu’une seule ligne de conduite publier des vrais, des bons écrivains. Les manuscrits d’écrivain du dimanche, au style lourd, pompeux, ou anodin l’agacent au plus au point. Il se fait toujours un plaisir-grinçant- à recevoir les « éliminés de l’édition » dans son bureau  afin de leur dire toute leur médiocrité et les convaincre que l’Ecriture n’est pas faite pour eux, leur conseillant presque de trouver un autre divertissement.

« Enfin l’éditeur (Cyril) se lève, prend sur le bureau le manuscrit […] qu’il tend à l’auteur. Je ne l’ai pas jeté. Je préfère que vous le fassiez vous même, un jour, après l’avoir souvent relu. Vous finirez par comprendre qu’en vous empêchant de devenir écrivain je vous épargne une vie de souffrance et de doute, pour laquelle vous n’êtes pas fait. »
Il vit ainsi, jusqu’au jour où un des recalés (Martin Réal) se suicide dans son bureau. Cyril décide alors de monter un club des écrivains anonymes avec ses scribouillards pour les aider à se sevrer de leur maladie : l’écriture. Le plus dur étant de ne pas écrire la « première ligne ». « une seule ligne, la première et c’est la rechute » En même temps, la veuve de Martin Réal va tout faire pour faire publier le livre de son mari…

C’est un roman qui m’a fait vraiment sourire (voire rire). Qui n’a pas rêvé de recevoir un jour le Goncourt ? qui n’a pas noirci des pages en pensant produire un chef d’oeuvre. L’écriture de Laclavetine est simple et efficace. Il se moque du livre et de son évolution (informatique), des écrivains.

«  l’écrivain est un géant aveugle qui ouvre les routes. Il faut le tenir par la manche, le guider, lui parler, le nourrir, s’inquiéter de sa santé, préserver sa solitude, le protéger des bruits du monde, et voilà pourquoi j’envie tes auteurs, dit Anita (ndlr : petite amie de Cyril). Tu fais ça si bien, je serais presque un peu jalouse. »

Il joue avec les mots avec brio :

Les T.S. s’en tirent toujours, par définition. Et ensuite, il faut les dorloter, pauvres chéris, comme si on n’avait pas assez à faire avec les O.A.P., les A.V.C., ou les T.C avec P.C. qui n’ont pas cherché à venir ici eux ! Un monde.

Je ne me suis pas du tout ennuyée, j’ai même passé un très bon moment.  Chouette lecture découverte grâce au Challenge… en cherchant d’autres avis, je m’aperçois que ce roman est loin d’avoir convaincu le reste de la blogo. J’attends donc vos avis !

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D’autres avis

Biblioblog mitigée

Notes de chevet

Littérature et société : n’a pas aimé

Lecture pour tous : un roman insipide

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Plus que DEUX pour les compliments !

1988 : « L’exposition coloniale » de Erik Orsenna
1989 : « Un grand pas vers le Bon Dieu » de Jean Vautrin
1990 : « Le Petit Prince cannibale » de Françoise Lefèvre
1991 : « Les filles du calvaire » de Pierre Combescot
1992 : « L’île du lézard vert » de Edouardo Manet
1993 : « Canines » de Anne Wiazemsky
1994 : « Belle-mère » de Claude Pujade-Renaud
1995 : « Le testament français » de Andreï Makine
1996 : « Instruments des ténèbres » de Nancy Huston
1997 : « Le maître des paons » de Jean-Pierre Milovanoff
1998 : « Mille six cents ventres » de Luc Lang
1999 : « Première ligne » de Jean-Marie Laclavetine
2000 : « Allah n’est pas obligé » de Ahmadou Kourouma
2001 : « La joueuse de go » de Shan Sa
2002 : « La mort du roi Tsongor » de Laurent Gaudé
2003 : « Farrago » de Yann Apperry
2004 : « Un secret » de Philippe Grimbert
2005 : « Magnus » de Sylvie Germain
2006 : « Contours du jour qui vient » de Léonora Miano
2007 : « Le rapport de Brodeck » de Philippe Claudel
2008 : « Un brillant avenir » de Catherine Cusset
2009 : « Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia
2010 : « Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants » de Mathias Enard
2011 : « Du domaine des murmures” de Carole Martinez
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4 commentaires pour Première ligne-Jean Marie Laclavetine

  1. enna dit :

    J’ai bien envie de lire aussi celui-là! Oh la la , je me rends compte que je ne lis pas du tout pour mon propre challenge! 😉

  2. DF dit :

    … une lecture qui ne me rajeunit pas! Je l’avais lu à sa sortie… et sachant après coup que M. Laclavetine est aussi éditeur (chez Gallimard, justement), on peut imaginer qu’il y a dans son propos une part de vécu dans son propos.

    • @DF : … le but du challenge n’est pas de sortir des « vieilleries »… Passons sur l’âge …Je ne sais pas si l’on doit considérer son roman comme une auto-critique, mais il y a sans doute du vécu !

  3. Ping : Le club des incorrigibles optimistes- JM Guenassia | mademoiselleorchidee

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