De umbilico

De umbilico, d’un nombril… le mien …  ou de l’acceptation de soi.
Parce que le billet de Caroline (pensées de ronde)  et  le billet d’humeur de François Morel me font réagir à la proposition de Dukan ().
Plutôt que de proposer aux ados des points en plus au bac si leur IMC est dans la norme… pourquoi ne pas les aider à accepter ce qu’ils sont… ?

Alors voilà. Mon nombril, moi et mon corps.

J’ai treize ans. Le pédiatre surveille mon poids et me conseille de « faire attention ».
J’ai quinze ans, déjà  j’écris que ‘ »j’ai un complexe avec mon poids ». J’ai quinze ans, je me cherche. J’ai le sentiment d’être l’intello, la bonne copine.  Je ne sais pas si mon corps est beau ou pas.
J’ai seize ans, je commence à noter consciencieusement mon poids dans mon journal intime. Je me mesure dans tous les sens (la poitrine , les cuisses, le tour de taille, les bras, les chevilles, les genoux). Je m’appelle « la baleine ».
J’ai dix-sept ans, je me cherche toujours. Je cherche à plaire et à être aimée des garçons. J’ai l’impression que les scénarios amoureux se font toujours sans moi. Je fais une crise de larmes dans la salle de bains chez mes parents : ma détresse éclate au grand jour. Je parle de mon corps, de mon poids qui m’horripilent et je rencontre une diététicienne. Bref échange sur ma façon de manger. Je dois faire attention, je n’y arrive pas et je me vois comme « une grosse vache incapable ». J’ai honte de mon corps.
J’ai dix huit ans. Je suis heureuse.  Mes études deviennent sérieuses.
J’ai dix neuf ans.  J’ ai conscience de ne pas toujours penser des belles choses de moi. Je me cherche toujours, je me pèse encore.
J’ai vingt ans, je décide de m’occuper de moi car j’atteins un poids « effrayant ». Je vais voir une diététicienne (une autre) :  elle me pèse, me mesure le poignet, les cuisses et me donne des objectifs précis (tant de grammes de beurre de fruits, tant de yaourts, tant de cuillère de…) . On fait ça en binôme avec ma soeur. Effectivement je perds du poids pendant quatre mois, et puis je ne tiens plus. Je reprends tout.
J’ai vingt et un ans, je tente la soupe aux choux, puis le régime détox (des pommes pendant trois jours).
J’ai vingt deux ans, je crois être amoureuse, et être aimée : mes problèmes de poids passent au second plan. Je continue à me peser, à tracer de magnifiques courbes.
J’ai vingt trois ans.  La première partie de ma vie étudiante prend fin. Une autre commence. Je suis festive et décomplexée. Je fais ma « crise d’adolescence ». J’ai des bourrelets (beaucoup), une « triple bouée », mais je m’amuse. Je me décris comme « une fille extraordinaire que les gens ne savent pas apprécier à sa valeur ».  Je vis et je tombe amoureuse.
J’ai vingt quatre ans. Mon « homme » m’apprécie comme je suis. Moi, je ne cesse pas de me regarder dans les miroirs. Je me mesure toujours.
J’ai vingt cinq ans. Ma médecin me parle de Dukan. J’achète le livre. Je ne fais pas le régime.
J’ai vingt sept ans. je maigris grâce à la chrononutrition. Six mois. La suite, c’est celle de la reprise de poids.
J’ai trente ans. J’ai toujours des angoisses quant à mon poids. J’ai du mal à imaginer pouvoir un jour prendre du poids pour accueillir la vie : quoi ? accepter de prendre au moins dix kilos ? C’est dur.
J’ai toujours des kilos « en trop », un IMC juste au dessus de la normale. Je doute toujours de moi-alors que sur beaucoup de plans je ne devrais pas. J’essaie d’être en paix avec moi même. Et je pense que c’est le plus important. C’est ça que l’on devrait apprendre aux ados pas à respecter un IMC. Qu’en pensez vous Mr Dukan ?

 

 

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11 commentaires pour De umbilico

  1. Manu dit :

    Je suis d’accord avec toi. Mais c’est effrayant cette idée de Dukan, ça va encore plus créer un fossé entre les jeunes à cause de leur physique soi-disant dans la norme !!!!

  2. Valérie dit :

    Je suis effarée de voir qu’une médecin peut conseiller la méthode Dukan à ses patients!
    J’aime beaucoup ton billet. Il n’y a rien à y ajouter.

  3. enna dit :

    Je me reconnais très bien dans ce billet. Moi qui suis un peu plus âgée que toi 😉 je suis à l’étape suivante : celle où je me suis acceptée je crois… Et j’ai pris les 20 kg pour faire Bastien et je les ai perdu (et pourtant, ça me faisait peur!) et maintenant, je crois que j’ai accepté que je ne serai sans doute jamais mince mais qu’être heureuse je le suis! Bon, je ne dis pas que si je reprenais plus de kilos ça m’irait mais depuis que j’y pense moins, j’ai l’impression que mes kilos pensent moins à moi.
    Beau billet. Il va sans dire que je suis outrée par l’idée que le poids puisse influencer les études!

  4. lucie dit :

    oui juste être en paix avec son corps, j’aimerai aussi. Mon parcours n’est pas tout à fait le même : 16 ans je plais aux garçons, un peu trop peut être, j’enchaîne les relations avec des mecs qui me jettent comme un kleenex. 18 ans je commence à entendre des remarques sur mes fesses rebondies, je démarre en régime en même temps que maman et je deviens anorexique pendant plus de deux ans. Je tombe amoureuse de ma perte de poids mais pas des garçons car je n’ai plus de vie sociale. Je suis contente de voir mes côtes, de faire des heures et des heures de sport, de flotter dans du 34… bon j’ai des petites étoiles dans les yeux en pleins partiels mais c’est pas grave….et puis je remange, je m’en sors je ne sais pas comment et je n’accepte pas mes formes de femme. Mon curseur est déplacé, je ne suis pas en paix avec moi. La bouffe n’est plus si diabolique je l’apprivoise en cuisinant mais je ne vois que le gras et la taille 38 que je fais maintenant. Je suis incomprise dans ma souffrance car une taille 38 c’est normal, non ? Qu’est ce qui est normal ??? Aujourd’hui je vends du sport et je rencontre sans arrêt des gens mals dans leur peau, en guerre contre eux, qui contrôlent tout ou à l’inverse plus rien. Je n’ai pas la sensation d’habiter correctement mon corps. Je me souviens d’un temps béni où je me sentais bien…quelques années de presque paix (la prise de tête n’est jamais loin…)

    • @Lucie : c’est très touchant ce que tu écris. Vraiment. Des parcours différents qui mênent à la même conclusion : apprendre aux ados à s’accepter, à s’aimer… pour que les adultes qu’ils deviendront soient en paix. Merci pour ton commentaire très personnel…. sincérement.

  5. lucie dit :

    ce sujet me parle, ma maman est devenue de plus en plus grosse à force de régimes jusqu’à se détester et fuir toute activité sociale, son poids l’a rendu malheureuse. J’ai suivi le chemin en voulant perdre 5 kilos et j’ai perdu tous mes repères en fait…je vois tous les jours des gens en souffrance qui font dukan ou pas…

  6. Ping : 2013 : bonne année ! | mademoiselleorchidee

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