Ce que j’appelle oubli-Laurent Mauvignier

Souvenez-vous, j’avais aimé l’écriture de Laurent Mauvignier dans des hommes… c’est pourquoi j’ai récidivé avec l’auteur avec « ce que j’appelle oubli ».

Un homme tué par les vigiles d’un supermarché pour avoir bu une bière dans le magasin.
A partir de ce fait réel, Mauvignier développe son roman.

et le procureur a dit, c’est qu’un homme ne doit pas mourir pour si peu, qu’il est injuste de mourir à cause d’une canette de bière que le type aura gardée assez longtemps entre les mains pour que les vigiles puissent l’accuser de vol, …

Un homme écrit à un autre les dernières minutes de la vie de son frère.
Un cri, une façon de déclencher le signal d’alarme, une longue litanie, comme si le narrateur était en apnée… pas un point pour s’arrêter et reprendre son souffle, non.
Le lecteur est entraîné dans la tirade du narrateur, avec lui on partage les questionnements sur le pourquoi d’un tel geste. 

Laurent Mauvignier sait prendre le lecteur aux tripes avec ces questionnements sur la nature humaine, ses erreurs, ses errances. Qu’est-ce qu’un homme ? jusqu’où peut-il aller et pourquoi ?,  telles semblent être les interrogations que Mauvignier veut nous faire partager.
Un très court roman dont on ressort un peu étrange comme après avoir reçu un coup de poing. Bravo ! J’ai adoré.

S’il avait pu avoir un avis sur ce qu’on disait, il aurait dit, le vrai scandale, ce n’est pas la mort, c’est juste qu’il n’aurait pas fallu mourir pour ça, une canette, pour rien, comme si on pouvait accepter qu’ils tuent, les vigiles, si c’est utile, s’ils n’ont pas le choix, on doit pouvoir se résigner à admettre, on peut comprendre et tolérer même si ça nous choque et nous déplaît, mais là, impossible, quelque chose se dresse devant nous qu’on ne peut pas supporter, ce meurtre, un meurtre, ils se font plaisir, voilà, le fond de l’affaire c’est que c’était leur jouissance à eux qu’ils étaient coupables pas de l’injustice de sa mort, ça, que ni le procureur, ni la police, ni personne n’admettra jamais, que ces types là se soient payé sur sa tête …

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In cold blog (un extrait)

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6 commentaires pour Ce que j’appelle oubli-Laurent Mauvignier

  1. Ginette dit :

    Bonjour
    Les 1200 recettes de «LA CUISINE POUR TOUS», livre de Ginette Mathiot paru en 1955, sont rassemblées sur un site mémoriel, simple et pratique.
    http://www.SAPIDE.fr
    Merci d’y jeter un coup d’œil et de le faire connaître si vous le jugez utile.
    Bien cordialement,
    G.

  2. Valérie dit :

    J’avais adoré Des Hommes, il faut vraiment que je relise cet auteur.

  3. In Cold Blog dit :

    Tu dis avoir ressenti ce texte comme un coup de poing. J’avais écris dans mon billet « jusqu’aux limites de la suffocation ». Incontestablement, un texte magnifique qui laisse le lecteur à court de souffle.

  4. Ping : 2011 : clap de fin, et 2012 début | mademoiselleorchidee

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