Rompez !

Voici un petit texte écrit pour l’atelier d’écriture de Skriban.

La consigne : écrire une lettre de rupture.

Filez sur le blog de l’atelier pour lire les autres ruptures …. 


Cher Jimmy,
Je me permets de vous appelez ainsi, même si dans les faits nous ne sommes jamais appelés par nos prénoms.
Pour vous, je suis Madame Martin et pour moi vous êtes « mon p’tit coiffeur ».
Mais, Jimmy, c’est le nom inscrit sur votre badge à l’enseigne du salon de coiffure.
 
A vrai dire, entre nous les choses avaient plutôt bien commencées. J’étais dans une période « noir-bouclé », le creux de la vague.
 
Vous avez su me comprendre, saisir mes humeurs. Vous n’avez pas hésité à me proposer un cuivré vigoureux- un poil sournois.
J’avais envie de changement, je vous ai suivi en un clin d’oeil.
La transformation a été applaudie dans mon entourage, alors j’ai continué à vous faire confiance.
Vos mains dans mes cheveux, ces pressions envoûtantes sur mon cuir chevelu, tout me satisfaisait.
Vos ciseaux agissaient sur moi comme une thérapie : des boucles je suis passée au lissé-dégradé et j’ai gagné en assurance.
Notre relation relevait de l’idylle, jusqu’à mercredi.
Oui, mercredi ,lors de notre dernière rencontre.
D’abord vous avez proposé le cuivré-sournois à une autre. Quoi ! Je n’étais pas l’Unique pour vous ? Vous étiez pourtant le seul à qui je confiais ma
chevelure.
Et, au moment de discuter les nouvelles possibilités pour nous, vous avez longuement palpé la forme de mon crâne, si « régulière, qu’il fallait la mettre en
lumière de façon plus prononcée » (ce sont vos mots, exactement).
Encore sous votre emprise, j’ai accepté  votre idée sans la connaître.
Je vous ai vu sortir cet objet, votre tondeuse et là … j’ai compris que c’était trop tard. Vous alliez commettre le geste de trop, celui qui me pousse à vous écrire
aujourd’hui.
Vous m’avez rendue chauve !
Terminé, terminé. C’est terminé entre nous et pour un bon moment.
J’espère trouver du réconfort auprès d’un perruquier.
Bien sur, je ne ferai plus jamais confiance à un seul de vos confrères : vous êtes tous des menteurs, nous faisant croire entre notre beauté unique, mais votre
discours est le même pour toutes.
Adieu.
Jacqueline Martin, votre cliente de mercredi 15h00.
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Un commentaire pour Rompez !

  1. Elle a bien raison de larguer son coiffeur, Jacqueline! Non, mais!

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