Le quai de Ouitreham- Florence Aubenas

J’étais restée sur la critique assez acerbe de Cuné, et je m’étais donc imaginé que ce livre
n’était pas pour moi.

Puis, comme j’ai eu l’occasion de croiser son chemin … je l’ai ouvert … et j’ai eu du mal à le refermer.

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Entre le documentaire et le roman , ce « roman réaliste » nous plonge dans le quotidien de millions de français : la quête de l’emploi, la précarité et les difficultés qui en découlent aussi bien
que les rencontres insolites.

Comment ne pas être touchée par la dureté des événements ? Faire deux heures de trajet aller et deux heures retour pour une heure de travail … accepter de terminer un travail malgré les heures
déjà dépassées … et qui ne seront jamais payées.

La loi de l’emploie décrite par Florence Aubenas est douloureuse et difficile, pourtant dans ce parcours elle croise des gens qui lui viennent en aide en lui prêtant une voiture, un
chômeur-séducteur qui partage avec elle la joie des sorties au supermarché : pour voir du monde, il faut même y aller le samedi.

Les employés de Pôle emploi ne sont pas épargnés, mais c’est plutôt leur discours qui choque que leur comportement :

« cette offre là propose une très belle situation : on la considère comme le dessus du panier. Celà ne vous correspond pas du tout. »

Je demande « comment ça ? »

On dirait qu’il apitié maintenant « Mais vous êtes plutôt … » Je le vois chercher un mot qui, sans être blessant, serait tout de même réaliste. Il a trouvé et fait un grand sourire : « vous
êtes plutot le fond de casserole , madame. »

 

 

Bien sûr,le propos est sans doute un peu réducteur, tous les « précaires ne sont sans doute pas des incultes et des fous de TF1, comme tous les « bourgeois » de Cabourg ne sont pas prétentieux ou la
Normandie perpétuellement maussade et pluvieuse. Et alors ? C’est une expérience que Florence Aubenas nous raconte,… elle ne parle pas de son ressenti dans les difficultés (le nettoyage des
fameux ferries ou du centre routier), non elle décrit des gens avec beaucoup d’humilité et de compassion. Elle ne cherche pas à se mettre en valeur, ni même à juger.

 

Elle dresse un constat de faits de plusieurs monde : celui du pôle emploi (et des ses difficultés à proposer de l’emploi, quand il n’y en a pas), celui des patrons (qui ont tendance à négocier
serrer les marchés), et celui des travailleurs « précaires »…

 

J’ai donc plutôt été emballée .. et je compte remettre le couvert avec ce type d’expérience en lisant prochainement « dans la peau d’un noir ».


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7 commentaires pour Le quai de Ouitreham- Florence Aubenas

  1. valérie dit :

    On m’a aussi fortement conseillé dans la peau d’un Noir.

  2. bzzz dit :

    Mais ne dévoile pas tes prochains billets!??? Charles a raison: c’est n’importe quoi!????

  3. Il est dans ma PAL. J’ai lu un billet qui faisait état de l’absence du ressenti de l’auteure… Dommage! J’aime bien les gens qui ressentent positivement ou négativement les situations qu’ils
    vivent…

  4. bzzz dit :

    c’est commercial? Pour mettre l’eau à la bouche des lecteurs?

  5. DF dit :

    Vos descriptions me font penser à un autre ouvrage encore, le fameux « Tête de Turc » de Günter Wallraff, où l’auteur se met dans la peau d’un Turc acceptant n’importe quel travail. C’est cependant
    plus ancien comme témoignage (fin des années 1980), même si c’est édifiant: vous n’irez plus au McDo dans le même état d’esprit après ça…

  6. Ping : Tête de turc- Günter Wallraff | mademoiselleorchidee

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