Jour sans faim- Delphine De Vigan

Jour sans faim, sans manger, à dépenser des calories, pour maigrir et ne s’accepter qu’ainsi dans la maigreur extrême.
C’est un récit centré sur une jeune anorexique qui tente de mettre fin à cette descente aux entrailles de la maigreur, si proches de la mort.

Un récit où il est question de l’image que les personnes anorexiques ont d’elles, leurs stratégies pour déjouer les pesées des médecins…

Le narrateur décrit aussi les contraintes liées à l’hospitalisation : devenir un objet d’étude.

Trente-cinq degrés de température, huit de tension, aménorrhée, dérèglement du système pileux, escarres, ralentissement du pouls et de la pression sanguine, nous avons là tous les
signes de la dénutrition.
Debout au pied du lit, il n’est pas peu fier. Regardez bien, mesdames et messieurs, au douzième étage de cet hôpital bientôt célèbre, s’est échoué hier soir d’un squelette de trente-cinq kilos pour
un mètre soixante-quinze. A ce jour son plus beau rapport poids/taille. Face à lui, en rang serré, dans leur blouse immaculée, ils se poussent du coude et jettent des yeux incrédules à la fiche
accrochée au pied du lit. On s’étonne que la patiente ne soit pas arrivée dans le coma. Tout à l’heure, on posera la sonde entérale. Le mot claque dans l’oreille et se prolonge comme une sirène
d’ambulance.


Il s’agit d’un livre témoignage, poignant qui retrace bien les angoisses, les souffrances et les difficultés liées à la reprise de poids.

Elle voudrait lui dire combien elle a peur de cette habitude qu’elle reprend malgré elle : manger. Sans cesse, elle tente de se rassurer, se répète qu’elle peut tout
arrêter, qu’elle n’a pas perdu le contrôle. Le risque de dépendance vient de ce qu’elle absorbe par la bouche. Elle avale chaque morceau en se disant aussi bien qu’elle  pourrait ne pas le
faire, que sa volonté était entière. Elle cherche la preuve de sa puissance intacte, j’arrête quand je veux, quand j’aurai repris des forces, juste de quoi survivre? Je repartirai  dans les
rues, je boufferai du trottoir  à en perdre conscience. Elle mange pour sauver son corps, parce qu’elle ne veut pas mourir.

Il s’agit pour moi du deuxième livre de l’auteure, un essai confirmé.

Publicités
Cet article, publié dans Lectures, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Jour sans faim- Delphine De Vigan

  1. Il me tente bien ce bouquin mais j’en ai déjà tellement dans ma PAL que je n’ose plus en acheter!

  2. bzzz dit :

    Effectivement: lu en quelques heures… J’aime beaucoup son style d’écriture. Sujet intéressant.

Les commentaires sont fermés.