Un enfant sage- Jean-Denis Bredin

Un garçon de douze ans décrit sa vie -toute sage-.

Julien est entre ces deux parents, divorcés depuis qu’il a deux ans : comment plaire à l’un sans déplaire à l’autre ?

Julien ne sait rien de ses parents, de leur conflit pour obtenir sa garde : il souffre en silence, se tait, se cache derrière ses bonnes notes, ses mots qu’il écrit.

Il voudrait que ses parents soient heureux, il fait tout pour leur plaire … mais cela semble ne pas suffire.

Se plier aux règles du père : trouver le mot juste, accepter de se faire prendre la température avant et après la visite chez sa mère … et tout faire pour qu’elle soit normale.

« Tes notes aujourd’hui ?  »
Le père approuvait les notes supérieures à 15, il tolérait les notes entre 12 et 15, et les autres, toutes les autres, il les désapprouvait. Il avait passé plusieurs grand concours, devenu ingénieur il avait consacré sa vie au travail, au travail et à son fils, c’était la même chose, son devoir, il ne s’était pas donné tant de peine pour que son fils méritât de mauvaises notes. Tout cela, bien sûr le père ne le disait pas, mais julien le savait, le père soupirait, il se portait la main au front, il prenait souvent de l’aspirine, il n’avait pas le temps de rire ni d’aller au cinéma, ni d’écouter la radio qui ne l’intéressait pas, l’évidence était qu’il ne travailleit que pour son fils.

Pour profiter vraiment des gâteaux, Julien devait être seul. Revenant du lycée, il entrait dans une patisserie. Il attendait devant la porte, le moment qu’elle fût vide, il s’élançait, demandait quatre éclairs, deux au café et deux au chocolat ou quatreb flans, il précisait « pour ma famille », il posait l’exacte monnaie sur le comptoir, il remerciait plusieurs fois, il se jetait sous une porte cochère, et là, il dévorait ses gâteaux, regardant à droite et à gauche, s’assurant qu’il n’était pas observé. Il avait conscience de mal se conduire, non seulement parce qu’il dissimulait ce repas d’avant le repas, mais parce que le monde des gâteaux se confondait avec le monde des péchés.

Il garde son père, il garde sa mère, il les porte, il ne peut se reposer. Et il travaille comme un forcené.

L’auteur joue sur les silences, les phrases longues à virgules pour bien illustrer les tensions.

C’est dur, c’est simple… ça remue « l’enfant qui veut le bonheur de ses parents » qui sommeille en nous (en moi, en tout cas). Un livre sur les désirs des parents, qui ne sont parfois pas ceux de leurs enfants. Un livre sur les enfants qui souffrent de ne pas exister pour eux.

Merci Bzzz.

 Ce livre a été adapté en téléfilm.
D’autres avis ????

 

3/56

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