Cantique des plaines-Nancy Huston



Paula cherche à retracer la vie de son grand-père, Paddon, décédé. Par le biais d’anciennes notes lui appartenant, elle tente de faire revivre cet homme qu’elle adore tant.

Paddon n’a pas eu une vie simple, ni même une vie « irréprochable », mais pour Paula, il est  quelqu’un d’extraordinaire… la tâche est donc difficile pour elle de retracer, sans trop tricher,
la vie de cet homme. Souvenirs réels, écrits de Paddon et pures inventions de Paula se mêlent délicatement pour décrire les relations de cet homme avec sa famille.

Et voici comment je m’imagine ton agonie : le monde se met à tomber lentement à s’écrouler à s’éloigner à s’alléger à fondre et à couler, comme lorsque la neige s’en va tout
doucement de la forêt, ou comme une peinture dont les formes glisseraient peu à peu hors du cadre pour ne rien laisser sur la toile, et pendant ce temps tes membres s’alourdissent et
s’engourdissent jusqu’à ne plus faire qu’un avec le matelas, avec la terre, jusqu’à ce que ta rage elle même devienne de l’écume dont les millions de bulles éclatent à mesure que tu t’enfonces dans
la matière…

C’est parfois dur, parfois tendre, parfois violent ou triste, ou même trés « moches ». En somme,  Paula décrit une vie parfois banale et à d’autres moments complétement folle (notamment dans
l’amour de Paddon à Miranda).

Tu rêvais d’écrire un chef-d’oeuvre et de le déposer aux pieds de Miranda, le draper autour de ses épaules, t’en servir pour lui gratter le dos ou lui parfumer le creux des
genoux. Tu parlas longuement avec elle du temps et elle te dit qu’en dépit de son mariage, elle ne s’était jamais habituée au temps de l’homme blanc, cette perpétuelle fuite en avant, ce mètre
ruban qui vous filait devant les yeux à toute vitesse, divisé en segments puis ne fragments puis en poussière. Le temps blanc était de l’argent et il coulait à travers les doigts blancs qui
s’acharnaient à l’arrêter, le retenir, le mettre à la banque.

L’occasion aussi de parler du sacrifice des indiens, de l’alcoolisme de tout un peuple : un vrai livre de société !

Nancy Huston arrive à nous faire aller avec les personnages dans l’hiver froid du nord des Etats-Unis, à la rencontre des tribus indiennes. Les mots sont justes. Les phrases sont longues, peu
ponctuées comme des incantations au grand-père adoré.
J’ai aimé.

D’autres avis :
Sarawasti
De la lune on entend tout
Amanda Meyre
Les lectures de Kali

J’avais aussi aimé Ligne de faille du même auteur. Une autre thématique, un autre style d’écriture.

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9 commentaires pour Cantique des plaines-Nancy Huston

  1. gazou dit :

    J’aime bien Nancy Huston..J’ai lu plusieurs de ses livres et je n’ai jamais été déçue

  2. Stephie dit :

    Je n’ai encore jamais lu cet auteur, j’essaierais bien.

  3. Géraldine dit :

    Le sujet de l’approfondissement et de l’anéantissement de la culture indienne me tente bien !

  4. enna dit :

    Je le note, je pense que ce sera le prochain Huston que je lirai!

  5. saraswati dit :

    j’étais certaine que ça te plairait ..

  6. Anne dit :

    Lignes de faille m’attend toujours sur mon étagère en criant très fort « Lis-moi !! Lis-moi! » Il serait temps que je m’y mette 😉

  7. Juliann dit :

    Nancy Huston fédére les lecteurs sur son oeuvre

  8. Anonyme dit :

    Bonjour J’ai un exposé a faire sur ce livre , je l’ai lu mais g rien compris a lhistoire et il fau ke je fasse un resumé enfin je dois presenté les personnages du livres ce ki raconte et tout est
    ce que klk1 pouré maidé svp ? sa sré geniial

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