Le pays sans adultes- Ondine Khayat

C’est un livre difficile  sur deux thématiques qui le sont tout autant : les violences conjugales et la maltraitance à enfant.

Ondine Khayat écrit sans retenue, mais sans non plus tomber dans un pathos exagéré, les douleurs, les peurs, les angoisses d’un enfant de onze ans (Slimane)  qui vit au coeur de cette
violence.
Le lecteur est pris lui aussi dans ce tourbillon de violence, il retient son souffle avec Slimane lorsque le Démon (le père) a des accés de folie.
Pour échapper à cette horreur quotidienne Slimane a un guide, son frère (Maxence); Tous les deux se construisent un monde de rêves et de poésie pour échapper à cette horreur. Ce monde c’est le Pays
sans Adultes…
Maxence y part tôt, beaucoup trop tôt … et Slimane est un enfant perdu…lui aussi veut fuir l’horreur … il part et se retrouve en pédopsychiatrie. Là bas Slimane va essayer de réapprendre à
rêver et à vivre heureux …

Le placard est tout noir, il y a juste un rai de lumière. Un peu d’espoir saupoudré dans la nuit glacée… Contre mon bras, je sens la lame de l’épée que j’ai eue pour
Noël. J’aimerais la prendre et courir dans le salon en la brandissant pour  libérer ma mère des griffes du Démon, pour qu’il arrête de casser nos coeurs et de transformer nos vies en ruines.
Mais, je suis trop petit pour me revancher
.

Le Démon tape sans s’arrêter. Il tape sur tout ce qu’il trouve à portée de main. Même ma lampe en forme de lune reçoit un coup et tomba par terre. Il a décroché la lune.
Elle gît sur le sol, blessée, juste à côté de maman, qui a du sang plein les cheveux. […] Je reçois un dernier coup de pied. On retient notre respiration. Pourvu qu’il s’en aille, qu’il en ait
assez de tout saccager. Pourvu qu’il soit fatigué, même un tout petit peu. Avec tout ce qu’il fume normalement il devrait même pas avoir la force de nous frapper aussi souvent. Sur ses paquets de
cigarettes, il y a écrit « Fumer tue ». Si seulement ça pouvait être vrai ! ..
.

J’ai vraiment beaucoup aimé le style de l’auteur, la façon dont elle arrive à nous mettre au milieu de l’horreur… moi aussi, comme Slimane, je me prenais à attendre ces moments où il pouvait
rêver en paix.
Des phrases fortes, sans tomber dans le cliché. J’ai même pleuré sur certains passages et lu d’autres à voix haute pour mieux les faires raisonner …

Parfois les phrases sont trop travaillées pour être celle d’un enfant de onze ans …
J’ai été un peu génée par la dernière partie (à savoir : les visites en gériatrie de notre Slimane …    Etait-ce bien utile ? (même si elles sont autant de moments de richesse
partagée) ou la rencontre avec l’enfant leucémique …)
Un livre qui parle de la vie, des douleurs qu’elle peut procurer… et en même temps un livre plein d’espoir … qui me confirme qu’il ne faut jamais oublier de rêver. Merci beaucoup Enna pour le prêt !

Plein d’avis
florinnette
Karine 🙂, Joelle, Cathulu,
Praline, Brize, Lucy, Aifelle, Cryssilda, Katell,
Antigone, BlueGrey, Karine, Sylire, Saxaoul, Armande, Lily, Maijo, Wictoria, Cécile, Léthée, Liliba
Blandine
Magda Sophie

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4 commentaires pour Le pays sans adultes- Ondine Khayat

  1. Le sujet , trop dur , ne me tente pas à ce moment mais j’ en ai entendu du bien !

  2. enna dit :

    J’étais sure qu’il te plairait, j’ai pensé à toi en le lisant! J’ai moi aussi été très émue, et gênée par les mêmes parties que toi, mais l’impression d’ensemble était très positive, pour un sujet si fort.

  3. enna dit :

    Je ne dirais pas « saoulée », je dirais plutôt « sensibilisée »! Et puis le point de vue de l’enfant était un autre angle!

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