La solitude des nombres premiers : Paolo Giordano

J’ai reçu ce livre par Suzanne de « Chez les filles ».


Les nombres premiers ne sont divisibles que
par un et par eux mêmes. ils occupent leur place dans la série infine des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance.
[…] soupçoneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.

Alice est un de ses nombres premiers… Une chute de ski la rend « boiteuse ». Un passé douloureux qu’elle cache en sombrant dans l’anorexie. Elle vit dans une solitude profonde voulue, mais aussi
subie.
Elle pense pouvoir être comme les autres… Aprés une « épreuve d’initiation », digne des pires bizutages-  elle approche le groupe de jeune filles que tous les garçons apprécient, mais trés
vite elle est rejetée.

Peut-être veut-elle vraiment me donner un bonbon songea Alice. Peut-être veulent-elles savoir si je le mange ou pas. Ce n’est qu’un bonbon.
Viola ôta le papier et le laissa tomber par terre. Alice tendit la main.
« Un instant. Ne sois pas si gloutonne »
Viola se baissa, le bonbon gélifié entre pouce et index.Elle le frotta sur le sol crasseux du vestiaire; Se déplaçant, genoux fléchis, elle le traîna lentement le long du mur à gauche d’Alice,
contre l’arête où la saleté était coagulée sous forme de moutons et de cheveux emmêlés.
[…]
A l’extrémité du mur, Viola s’approcha du lavabo, où les filles se lavaient aisselles et visage après l’heure de gymnastique. Elle recueillit avec le bonbon le mucilage blanc qui recouvrait
l’intérieur de la vidange.
Elle rejoignit Alice et lui présenta cette ignominie.

Mattia est un autre de ses nombres premiers. Le jumeau d’Alice ? Ou le jumeau coupable de n’avoir pas surveillé sa jumelle, et de l’avoir perdue ? Mattia cache ses angoisses en se taillant les
veines et en se passionnant pour les mathématiques.

Alice et Mattia se croisent, se comprennent sans se parler. Comme les jumeaux. S’aiment-ils ? Ils n’osent se le dire… Mattia part à l’étranget er de nouveau tous les deux redeviennent ses êtres
solitaires en proie à leur destin…

Les années du lycée avaient constitué une blessure ouverte, que Mattia et Alice avaient jugé trop profoande pour qu’elle cicatrise. Ils les avaient traversées en apnée ; lui,
refusant le monde ; elle, se sentant refusée par  le monde, et ils s’étaient aperçus que cela ne faisait pas beaucoup de différence.

Un livre au style intéressant. Des personnages troublants et attachants. Les épisodes de vie d’Alice et de Mattia se succédent de façon harmonieuses, se font échos, comme les deux
personnages.
Un livre troublant qui parle de l’amour, des douleurs de la vie, de la différence, des moyens que chacun de nous peut trouver pour exister, et de comment un jour -heureusement- on arrive à se
séparer des vieux démons du passé.

Une belle découverte, une belle rencontre avec un tout jeune auteur italien, qu’il faudra sans doute suivre.

D’autres avis :
Chez armande
Chez cryssilda
Chez Cuné
Virginie, Armande, Cryssilda, Aifelle, YueYin, Hathaway, Bettina
Soulez
, Crapouillaud

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4 commentaires pour La solitude des nombres premiers : Paolo Giordano

  1. Lo dit :

    Et bien je suis en train de le lire, avec intérêt !

  2. herisson08 dit :

    Bonjour, un style qui me semble vraiment agréable… j’essayerai de le trouver!

  3. liliba dit :

    Je ne lis que des billets positifs sur ce livre qui sera sans doute mon prochain achat !

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