Qui touche à mon corps, je le tue- Valentine Goby

… trouvé à la médiathèque et trés vite emprunté parce que je l’avais vu chez
Lou
qui avait adoré.

Trois histoires en parallèle :
 –
Lucie
L,
 –
Marie G.
 –
Henri D.

                                 
une artiste chanteuse en train d’avorter
                                
une faiseuse d’anges
                                 un
bourreau « guillotineur »

 3  personnages déchirés par le passé, en quête d’eux même, dans des instants de vie qui poussent aux questionnements sur soi
même.
 

Jules-Henri envahit  par l’histoire de sa mère dont il est persuadé d’être responsable de la mort.
Elle disait  » Vous faites
tellement de bruit les enfants. Tu mépuises, Jules-Henri, tu me tues »  …
Pendant ce temps ma mère nous a prévenus : elle meurt. Pas d’un coup. D’abord, une autre personne couche dans son lit, une femme maigre avec des milliers d’os qui tousse et crache du sang. Je
demande à la femme où est ma mère, elleréponde que c’est elle mais je ne la crois pas, elle dit Jules-Henri, mon garçon, je reconnais sa voix alors je demande pardon, ses os mes transpercent, je
m’excuse de t’avoir tuée […] Le mal est fait. J’ai tué ma mère.

Je ne joue plus. Je ne crie plus. Je ne ris plus. Je ne fais plus de bruit. Je ne m’apporche plus des femmes, des institutrices, des filles, de ma belle-mère, je les fuis, je détourne les yeux,
je leur parle le moins possible, je sais que je êux les tuer. A Paris l’institutrice tente d’expliquer à mon père le mot mutique […] J’ignore si mutique est une maladie ou un défaut, puis je
comprend qu’on m’apercé à jour : l’institutruce répète le mot « mutique » en passant lentement son index devant ses lèvres de droite à gauche, de gauche à droite […] Mutique signifie
assassin.

Lucie L. victime d’un amour fusionnel avec sa mère . Lucie L. perpetuel enfant de sa mère… ne peut être mère à son tour. Tragique destin qui la
pousse à avorter… Qui l’empêche de supporter le contact avec l’autre (homme en particulier). Lucie L. qui cherche, enfin, à exister par elle même…

Petite fille, Lucie L dessinait des bonshommes sans ventre ou plutôt, les enfermait à l’intérieur. Elle traçait un grand cercle autour de la tête et des bras, bien sûr, il y a un ventre
disait -elle, et ainsi des familles entières […] Maintenant,  Lucie L. a un ventre à elle, elle n’a plus que ça, les nerfs de son corps sont noués sous son estomac, elle est cette entre la
poitrine et le sexe.

Mon vêtement c’est la peau de ma mère. […] Nous avons un grand corps, ma mère et moi, son visage est le mien et moi je suis elle, c’est pourquoi nous pleurons et nous rions
ensemble.

Depuis toujours, les doigts, le sexe , la langue d’un autre en moi me dégoutent, ces trous dans ma chair alors que je voudrais qu’on fonde en semble, que la peau, les odeurs fondent les unes
dans les autres, je hais cette perforation, ce saccage, c’est mon corps.

Est-ce que j’ai eu tort, qui a eu tort de ma mère ou de moi, de mon père, de mon mari, qui na pas vu qui j’étais avant que je n’en vienne à ça, risquer ma mort pour survivre, qui n’a pas
eu les yeux pour voir, pour me voir […]Est-ce ma faute ? Suis je victime, bourreau, les deux à la fois, quelle ets ma part de consentement, de libre arbitre, où est « je », où est-ce qu’il
commence, quand aurait-il du naître et s’ancrer et dire non refuser repousser tout ce qui n’est pas lui ?

Marie G qui court après l’amour de sa mère.
Savoir que sa mère balaie sous les lits. Secoue les paillassons. Torche les enfants.
Brosse le chien, essuie la pisse; Qu’elle décrotte les chaussures. Récure la salle d’eau. Epluche les pommes de terres, écorche les lapins, vide les poubelles. Qu’elle vit du déchet […] Qu’à
force elle se détache de ses corvées, n’est là que dans la forme, un corps utile et confisqué, en dedans elle est une matière transparente, sans pensées, sans rêves, indifférentes aux sensations.
[…]
Il faudrait, comme la petite Marie G., toucher cette peau qui s’écaille  et tombe en copeaux légers, morts, pour se faire une réelle idée de la douceur du titre de blanchisseuse. Les mains
râpeuses de sa mère, Marie G., les poses sur ses joues, sa tête tient juste à l’intérieur. Elle  voudrait les baiser mais sa mère les retire, elles sont tellement occupées ces mains,
impossible de les avoir un instant à soi. Marie G voudrait être une robe, une chemise, un jupon, un drap sale, n’importe quoi qui passe entre les mains de sa mère et reçoit le temps qu’il faut,
ses caresses de papier de verre.

Un livre intense, bien construit, permattant une rélexion riche sur la relation parents-enfants, sur « être mère », et sur les femmes. Un jeu perpétuel avec les
mots (notamment le rapport entre « se taire » et « tuer »)

Un livre troublant; premier de l’auteure pour moi. J’ai vraiment beaucoup aimé.

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2 commentaires pour Qui touche à mon corps, je le tue- Valentine Goby

  1. Flora dit :

    moi aussi j’ai trouvé ce livre troublant… auteur à suivre je pense…

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