Paradis conjugal- Alice Ferney

  

C’est le titre du livre qui m’a attiré. Je ne connais pas l’auteur.  

Une femme… dans un canapé regarde un film en boucle… depuis trois mois…

Son mari vient de lui dire  demain et les soirs
suivants prépare toi à dormir seule. Je ne rentrerai pas.
Et elle se repasse aussi cette phrase en boucle.

 En même temps qu’ Elsa Platte réfléchit sur sa propre
relation avec son mari (rencontre, enfants…) et sur ce qui fait le « lien conjugal », elle regarde ce film. Pas n’importe quel film : « chaînes conjugales » (trois
femmes, trois couples dont un risque de se briser)

 L’auteur nous offre une réflexion double sur
le « lien conjugal » à travers l’expérience d’Elsa et à travers les héroïnes du film.  

Les hommes et les femmes cherchent-ils la même chose ?

Quelle est l’importance du lien charnel inauguré par l’attirance ? Quelle
place est celle du sexe dans la solidité (et la durabilité) d’une relation amoureuse ? En tout cas, cette joute souligne l’évidence de l’écart entre les « elles » et les
« ils ». Au dire des hommes, le sexe serait crucial, cause de rupture du couple, appel à la tromperie (qui alors par singulier renversement, peut devenir une relation sexuelle sans
importance). Il serait nécessaire mais pas suffisant, et moins important que la tendresse, éprouveraient les femmes. Et, diraient elles encore, cultivant la subtilité autant que l’humour, les
jours ou les nuits sans sexe ne sont pas pour autant des nuits sans amour. (p13)

  Comment naît une relation ?

Quand on tombe amoureux, on prend le paquet, on ne chipote pas, on ne fait aucune réserve, aucune critique (p100)

 

Tomber amoureux semblait n’être rien d’autre que fermer les yeux. Ou bien poser
sur le bout de son nez, devant la clairvoyance de son regard, des lunettes roses qui ne laisserait voir que ce qui était merveilleux (p104)

 

Comment se propage l’amour ?

Elle disait que le plus doux amant peut devenir ce vandale menteur et violent.
Et ensuite, à côté de cette certitude, elle étala celle de son amour, celui qui embrasse et qui parle, et raconte, informe, propose, imagine, fait ses commentaires, livre ses avis et ses peurs,
amuse et distrait l’autre à qui il s’ests voué : Bref, cet élan qui partage en deux, ou répète une deuxième fois pour l’autre ce qui a été pensé et senti dans la solitude de
soi.

Et plus tard enfin le démultiplie et le diffuse dans des esprits vierges et
vivants : des enfants (p53)

 

Lora Mae voulait tout savoir  de la vie de Porter, comme n’importe qu’elle femme amoureuse souhaite  posséder son amant par la connaissance de son monde, et qu’ainsi rien ne lui échappe de ce qu’il est ni de qui il est. Illusion, illusion nuisible  l’amour, qui porte autant atteinte à la confiance  qu’à la liberté (p233)

Pourquoi le mariage ?

Pourquoi se marie-t-on, est une question banale que se posent la plupart de
ceux qui se marient. Ils se la posent en couple lorsqu ‘une opposition crée entre eux la conversation. Un jour, ils en parlent, parce que l’un veut se marier et que l’autre refuse. Qu’est ce
que ça changera qu’on soit mariés ? Qu’est ce que ça apportera ? Pourquoi refuses tu puisque ça ne signifie rien pour toi ? (p250)

 

Est-ce que cette expression n’avait pas l’avantage de montrer comment, dans le
mariage, chacun était une proie pour l’autre (p276)

 

Comment meurt une relation ?

Que ne fallait-il pas entendre quand un couple annonçait sa séparation !
Que de bêtises, de mesquineries, de commérages et de fausses raisons ! C’est fou comme les autres croient tellement comprendre, se permettent de résumer, de  conclure ,eux qui n’ont accès à rien. (p283)

   Mon avis :

J’ai eu du mal à entrer dans le livre puis j’ai été emporté par la réflexion. Je n’ai pas trop aimé à certains moments le côté  « description scène par scène » du film qui plombe le rythme.

J’ai aimé réfléchir sur ce lien si complexe. Ce livre ne donne pas de réponse, il reste un roman mais il ouvre vers la réflexion (avec parfois quelques clichés).

Evidemment j’ai envie de voir le film…

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3 commentaires pour Paradis conjugal- Alice Ferney

  1. liliba dit :

    Super, d’avoir mis les extraits en rapport avec les grandes questions sur le couple, j’aime bien la présentation de ton billet, c’est original.
    Désolée de t’avoir oubliée en lien sur le mien, mais je programme mes articles souvent 15 jours ou plus à l’avance et tu n’avais pas encore écris le tien… et puis je ne pense pas à remettre mes sources à jour…

  2. bzzz dit :

    J’abandonne la lecture. Je n’accroche pas… Pourtant la réflexion sur la séparation du couple paraissait intéressante… Je viens de débuter « Le souci des plaisirs » de Michel Onfray à 4h du matin. J’avais un peu abandonné la lecture des philosophes dégoûtée par mes huit heures de philo hebdomadaires de terminale où je n’ai rien, mais alors rien compris… Je commence à devenir vieille donc plus réfléchie. Le thème est passionnant: la souffrance des individus quant à la pauvreté de leur vie sexuelle dans ce monde rempli d’images pornographiques… On en rediscutera…

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